Quand la dépression vous submerge, c’est comme si toute la personne que vous êtes se fissure, vos contours deviennent flous et les pensées noires vous envahissent. C’est comme la fin d’un monde, un voyage en nuit noire. Il y aura un avant et un après. Certaines choses se brisent mais ne se réparent pas. Il faut apprendre à vivre avec une nouvelle version de vous-même.
Confrontée moi-même à des troubles de la santé mentale, je me suis documenté sur le sujet pour donner un sens à ce qui m’arrivait. Lorsque j’ai réalisé que la dépression était communément appelée par les psychiatres « trouble unipolaire », ça a été comme un déclic. Je devais me rendre au cercle polaire. La fonte des glaces, les enjeux environnementaux des zones polaires et la crainte de la fin du monde m’apparaissaient comme une parfaite métaphore de l’effondrement de la personnalité lors d’une dépression. C’est ainsi que mon projet est né : réaliser des images en Arctique pour faire le lien entre la fragilité du monde et les fragilités humaines.
Dans ce travail, je mêle des portraits réalisés pour la plupart avec des personnes rencontrées lors d’hospitalisations et des paysages arctiques photographiés lors d’une résidence d’artiste au pôle Nord.