la nuit

#printemps2020

Muer. Se réinventer. Être chez soi. Être sans peur. Découvrir d’autres espaces intérieurs. Accueillir la privation, le manque de liberté, avec une force inconnue qui permet de se dépasser, de surmonter l’épreuve. Comment vivre son monde intérieur ? Comment accepter l’isolement forcé ? Maladie, douleur, enfermement : il existe tant d’épreuves de la vie où l’on est confiné mais où il demeure possible de façonner son cocon, de nourrir son intériorité, d’aller au-delà des restrictions. Les photos prises par France Dubois parlent de tout cela. Elles montrent l’envers inspiré du confinement. Comment la créativité, l’amour et la nature peuvent booster notre immunité.

Quelle est cette créature, mi-oiseau mi-sorcière, qui erre à la tombée du jour dans les parcs déserts ? Quelle est donc cette force animale, chamanique, mythique et mythologique des femmes qui invite à se reconnecter à la puissance qui nous habite ? Aux personnalités multiples à l’intérieur de soi ? À nos animaux protecteurs ? À nos désirs inavoués de marcher pieds nus, nuitamment, dans les bois ? Vivre le voyage immobile qui nous anime : c’est à cette résilience-là que nous convie France Dubois, dont les autoportraits entre chien et loup évoquent les mises en scène surréalistes de Leonor Fini et Leonora Carrington – tableaux telluriques, empreints d’une féminité qui ose dire sa force, sans faillir.

Texte d’Aliénor Debrocq