rouge bleu

Le désir s’arrête là où s’énonce l’hypothèse du toucher. Un temps. Dans le laps de temps d’un suspens passerelle : entre le fait d’aimer ou celui d’érafler, celui des dépôts ou celui des morsures. Aboutir au tact, dans ce qui traverse et ce qui est traversé, c’est la peau. Peau poreuse, organe des sens, organe des sensualités, où les émotions s’effeuillent comme une cartographie de l’âme. Or la peau fait histoire, l’histoire des évènements, des rencontres, des jonctions. L’histoire des liens et des rapports, et des déliaisons.

Le désir commence avec l’autre, au moment de surgir comme un plissement d’ombre. Et la lumière s’écaille, un peu, pour se lisser tout contre, tout proche de cet écart/tracé de ce qui s’écarquille : dans l’embrasure d’un œil qui regarde, dans le claquement des lèvres qui suintent si pourpres, en ce lieu pourchassé de ce qui s’érogénéise.

Rouge Bleu prospecte ce lieu des invitations et des visitations : peau sur peau la tendresse, après les marques, après les traces, à peu près au moment des blessures blessées tandis qu’elles se dissipent. Et qu’elles chutent en l’intime. Et qu’elles nouent la pudeur. Avant de dire autour ce qu’elles n’ont jamais dit : c’est, aujourd’hui, demain, le départ – colporteur – d’une œuvre à l’œuvre d’une vie, d’une vie singulière et unique.

Kang Byung Ki